Je n’ai pas suivi un parcours linéaire.
Très tôt, j’ai dû avancer sans les repères classiques.
J’ai quitté le lycée sans baccalauréat. À ce moment-là, la vie ne me laissait pas vraiment le choix : il fallait travailler, assumer, tenir. J’ai enchaîné les emplois dans la restauration, tout en étant déjà mère, avec des responsabilités qui ne laissent pas beaucoup de place à l’hésitation.
J’ai connu les périodes sans revenus, les formations enchaînées davantage pour survivre que par vocation, jusqu’à intégrer une école d’auxiliaire de puériculture en alternance. C’était un travail alimentaire. Utile, plaisant, mais pas aligné avec moi. Très vite, j’ai compris qu’il existait un plafond de verre invisible mais bien réel : sans le bac, certaines portes restent fermées, quels que soient l’effort ou l’engagement.
À 27 ans, je décide de reprendre ce qui me manque. Je passe le DAEU A, équivalent du baccalauréat littéraire. Reprendre des études à l’âge adulte, avec un enfant, de la fatigue, des responsabilités et la vie qui continue de s’imposer, n’a rien de simple. Il y a eu des épreuves personnelles, des moments de fragilité, mais aussi une détermination profonde à ne pas renoncer.
J’ai poursuivi avec une licence de lettres, par goût, par besoin intellectuel, par désir de comprendre et de m’exprimer. J’ai dû l’interrompre, non par désintérêt, mais par nécessité dû à ma santé. À l’approche de la trentaine, il fallait construire, sécuriser, avancer concrètement.
C’est à ce moment-là qu’une question s’est imposée : quel modèle de vie est-ce que je veux vraiment ?
Le salariat traditionnel ne me faisait pas rêver. J’y voyais plus souvent de l’épuisement que de l’épanouissement, j’étais trop rebelle, j’avais envie de faire tellement de chose. Je refusais de me sentir coincé. J’ai alors découvert l’entrepreneuriat à travers l’activité LR, en tant que VDI.
Et là, quelque chose s’est ouvert.
L’entrepreneuriat m’a offert une réussite que je n’attendais pas sous cette forme.
Très vite, j’ai compris une chose essentielle : la liberté financière n’est pas l’absence de travail. C’est une autre manière de travailler. Une manière qui demande de l’implication, de la constance, de la créativité, et surtout une capacité à sortir des cadres habituels. Le VDI, comme l’entrepreneuriat en général, n’est pas un raccourci. C’est un engagement.
Je me fixe alors un objectif simple et concret : six mois pour générer 1 000 euros. Je m’y tiens. J’y arrive. Je passe les échelons. Je vis de cette activité. Je consomme mes revenus au fur et à mesure, j’apprends en marchant. À un moment, je gagne même plus que mon compagnon. Pas par compétition, mais parce que le travail paie quand on s’accroche et qu’on ose faire autrement.
Les opportunités s’enchaînent. Je monte sur scène. Je reçois des prix. J’entre dans un cercle d’organisations que je n’aurais jamais imaginé approcher. Je voyage dans toute la France. Je pars à Francfort pour le bal international. Je découvre des lieux prestigieux, des hôtels de luxe, des soirées élégantes, des espaces que je n’avais vus jusque-là qu’à distance. Le George V à Paris. Des restaurants d’exception. Des événements où je ne me serais jamais projetée auparavant.
Mais cette réussite là n’est pas celle dont je parle le plus.
Ce que l’entrepreneuriat m’a offert de plus précieux, c’est le temps. Le temps avec mes enfants. J’ai vu mes deux bébés arriver pendant cette période. Je les ai vus grandir, marcher, sourire. J’ai été là pour leurs premières fois. J’a été là lorsque ma benjamine à été hospitalisé 4 mois à Paris puis à la maison. J’ai pu éviter la course permanente, les horaires imposés, la dépossession du quotidien. Ma fille aînée rentrait de l’école, et j’étais là pour les devoirs. Présente. Disponible.
Les gens pensent souvent que ces parcours parlent d’argent, de richesse, de réussite financière spectaculaire. La réalité est plus nuancée. Oui, certains gagnent beaucoup. Moi, je n’ai pas gagné des sommes démesurées. Mais j’ai gagné ce qui comptait le plus pour moi : de la liberté. La liberté de choisir mon rythme, mes priorités, ma présence.
Et puis il y a eu le Covid.
Le Covid a été une période paradoxale.
À la fois une accélération… et une fracture.
Pendant les confinements, mon activité explose. J’étais déjà très présente en ligne, et soudain tout bascule sur le digital. Les gens cherchent du bien-être, du lien, des compléments de revenus. Mon équipe grandit rapidement. Nous ne nous reconvertissons pas, nous nous réinventons. Les chiffres suivent. Très fort. Très vite.
C’est à ce moment-là que je passe Leader d’Organisation Bronze. Les revenus augmentent réellement. J’atteins des objectifs que je m’étais fixés. J’accède à un niveau de vie que je n’avais jamais connu : la Mercedes, la reconnaissance, la confirmation que le modèle peut fonctionner à grande échelle.
Mais la réalité économique ne s’arrête pas à une courbe ascendante.
Après le Covid, le contexte change brutalement. Les gens sortent d’une période de frustration, veulent profiter, voyager, respirer. L’investissement ralentit. Les achats aussi. Le business, comme beaucoup d’autres, chute. Pas seulement pour moi : même des leaders bien plus hauts voient leurs chiffres s’effondrer. À l’échelle européenne, les tendances sont claires. Personne ne l’avait vraiment anticipé.
Et pendant que le business vacille, ma vie personnelle bascule.
Je subis une lourde opération. J’ai frôlé la mort. Ma santé est profondément impactée. Marcher longtemps devient difficile. Mon corps ne suit plus. Étant non vaccinée, je dois accepter des petits boulots pour survivre. L’entreprise ne tient pas. Je passe par une liquidation judiciaire. Je retourne dans le salariat.
Ce retour en arrière apparent a été violent.
Mais il a aussi été fondateur.
J’y ai appris ce qu’on ne m’avait jamais vraiment expliqué dans l’entrepreneuriat : l’importance de l’anticipation, de la gestion des cycles, des cadres juridiques, des tendances de marché. J’ai compris qu’avant, je suivais le train. Que je performais, oui, mais sans toujours piloter. Sans toujours décider.
J’ai aussi compris une chose essentielle : le marketing de réseau peut être puissant, mais il reste un système. Et comme tous les systèmes, il n’est pas composé uniquement de personnes bien intentionnées. Derrière les discours de “famille” et de “solidarité”, chacun reste responsable de sa réussite comme de ses échecs.
Être entrepreneure, ce n’est pas déléguer sa lucidité.
Cette période m’a fait grandir. Durement. J’ai pris des coups, encore. Mais j’ai appris à me positionner différemment. À réfléchir par moi-même. À ne plus laisser d’autres décider de ma trajectoire.
Surtout, j’ai redéfini ce que signifie avoir du mental.
Pour moi, aujourd’hui, le mental, ce n’est plus “tenir coûte que coûte”.
C’est savoir se prioriser.
Savoir dire stop.
Savoir prendre du temps.
Savoir reculer pour mieux sauter.
Aujourd’hui, je reconstruis.
Avec plus de conscience.
Plus de vision.
Plus de solidité intérieure.
Et avec une priorité non négociable : moi et mes enfants.
Aujourd’hui, ma vision est claire
Tout s’est éclairé.
Je traverse encore des enjeux de santé, que je prends désormais à bras-le-corps, sans les nier ni les dramatiser. J’ai appris à ne plus lire ma vie en termes d’échecs, mais d’apprentissages. Chaque étape, même difficile, m’a construite. Chaque arrêt, chaque détour, m’a appris quelque chose d’essentiel sur moi.
Je me suis recentrée, vraiment.
Sur qui je suis, sur ce qui compte, sur ce que je veux transmettre.
Avec le temps, ma vision de l’être humain s’est affinée. Elle est devenue plus mature, plus lucide, plus vraie. C’est cette lucidité qui me pousse aujourd’hui à m’adresser principalement aux femmes, et aux mamans. Parce que je connais leurs réalités, parce que je les vis. Les charges mentales, les injonctions, les sacrifices silencieux, mais aussi la force, la créativité et la capacité de résilience que l’on développe quand on n’a pas d’autre choix que d’avancer.
J’ai compris une chose essentielle : se former n’est pas une étape, c’est un processus continu. L’entrepreneuriat m’a rendue autodidacte en webmarketing, en social media, en communication digitale. Aujourd’hui, j’ai choisi de structurer ces compétences par la formation, non pour me réinventer, mais pour consolider ce que j’ai appris sur le terrain.
Mon parcours professionnel n’a jamais été linéaire. J’ai travaillé dans des univers très différents. J’ai longtemps cherché à comprendre pourquoi je ne rentrais pas dans les cases. Aujourd’hui, j’ai des réponses. Je suis multipotentielle, HPI/HPE, probablement TDA, une maman neuroatypique. Ces mots ne sont pas des étiquettes, mais des clés de compréhension. Ils m’ont permis de mettre du sens là où il n’y avait que des questionnements.
J’ai accepté que je ne serai jamais faite pour un seul métier, ni pour un modèle figé.
Et c’est ok.
Aujourd’hui, je choisis de me construire avec ce que je suis réellement. Sans me forcer à rentrer dans des moules qui ne me correspondent pas. Avec conscience, avec intention, et avec la certitude qu’il n’est jamais trop tard pour se réaligner.